Il me faisait face maintenant, sifflant et crachant, et c'était ce que j'avais voulu.

Parvati remonta sur la rive; elle était sauvée! Mais, joignant les mains, elle me criait de prendre garde à la morsure de l'affreuse bête, de nous enfuir plutôt que de combattre.

Je ne pouvais lui répondre que mon cuir épais ne craignait rien du serpent, excepté autour des yeux et sur la lèvre; que j'étais trop irrité, de la peur que j'avais eue, pour renoncer à la vengeance.

L'ennemi ne bougeait plus, il fixait sur moi le regard luisant de ses yeux sans paupières, dardait sa langue fourchue, pareille à une flamme noire, et, replié sur lui-même en plusieurs festons, allait s'élancer.

Le haut de son corps était à demi caché sous les feuilles, le milieu serrait le tronc d'un arbre et l'animal était si long que plusieurs replis traînaient encore sur le sol. Je posai mon large pied sur ces replis en pesant de tout mon poids.

Alors le serpent se détendit, cingla les branches et les feuillages avec des sifflements de fureur. Cependant il cherchait à se dégager pour fuir. Ne pouvant y parvenir, il revint sur moi d'un élan si rapide que je ne pus l'éviter. Il s'enroula à mes jambes, à mon cou, mordant ma peau rude à pleine gueule, mais se cassant les dents sur elle.

Le danger était autre pour moi: avec une force extraordinaire, il resserrait peu à peu son étreinte autour de mes jambes entravant mes mouvements, et, ce qui était plus grave, pressant mon cou de telle façon que le souffle me manquait.