—Pourquoi? Pourquoi?

Norton haussa les épaules.

—Demandez à mes mineurs, à mes ouvriers, aux gens de mes ranchs, s'ils n'ont pas autant besoin de moi que j'ai besoin d'eux.

—Sans aucun doute. Mais, les mines vendues, un directeur nouveau les ferait vivre aussi bien que vous, vos mineurs!

—C'est une question, ça, dit Norton. J'ai englouti des sommes énormes dans cette exploitation qui est difficile. Un autre, un nouveau venu procéderait par voie de réformes économiques et il y aurait plus d'un foyer sans soupe le soir, parmi mes braves gens!

—Alors c'est par philanthropie que vous continuez à rester dans les affaires?

—C'est par devoir. Il y a comme une immense grappe humaine pendue à moi. Ça me fait plaisir.

Et, dans un relèvement de tête, l'Américain se redressait, comme s'il eût eu là, autour de lui, des milliers et des milliers de gens qu'il traînait, qu'il faisait vivre.

—J'ai l'orgueil d'être le distributeur de pain à tout une foule. Oh! ce n'est pas l'embarras. J'ai trouvé ici même des gens tout prêts à partager ma mission.

—Offenburger? demanda M. de Solis.