—Volontiers, mon cher marquis.
—Oh! seul à seul, fit Solis. Vous permettez, mademoiselle?
Arabella sourit.
—M. de Bernière me servira de cavalier, dit-elle.
Le colonel avec flegme caressait toujours sa longue barbe. Georges l'attira dans un coin de la salle où de bons bourgeois prenaient le chaud, sur des fauteuils.
—Monsieur, dit le jeune homme en allant droit au but, vous avez tenu sur moi, et sur une personne que ni vous ni moi n'avons le droit de nommer, des propos qui ne me conviennent pas.
—Vous dites? fit le colonel en redressant encore sa taille de géant maigre.
—Je dis que vous avez calomnié la plus respectable des femmes et que vous avez associé mon nom à vos calomnies. Savez-vous comment nous appelons cela en français?
—Je connais la langue française, dit le colonel froidement, et je vous dispense de feuilleter votre dictionnaire! Je n'ai rien dit qui ne fût du domaine d'une conversation de plages. J'ai peut-être parlé—et dans l'intérêt de la santé d'une personne qui vous paraît chère—de promenades trop fréquentes... au bord de la mer... le soir.... Quand on est souffrante....
—Eh bien, monsieur, interrompit Solis, je vous défends, à l'avenir, de vous occuper et de moi et de celle dont vous voulez parler.