—Vous ne me comprenez pas? dit Norton assez brusquement. Nous sommes ici pourtant deux hommes qui pouvons et devons nous dire la vérité tout entière. Vous vous battriez pour Sylvia parce que vous l'aimez! J'entends me battre pour elle, moi, parce que je veux qu'on la respecte. La situation est nette, je pense.

Georges, très pâle, voulut répondre:

—C'est pour qu'on la respectât que j'ai défendu au colonel Dickson....

—Et de quel droit? dit Norton. Je suis encore le mari! Mon privilège est de m'occuper seul de celle qui porte mon nom, et tant qu'elle le portera, ce nom, je revendiquerai ce privilège. Et c'est encore le meilleur moyen, je pense, de faire taire le calomniateur!

—Tant qu'elle portera votre nom?...

—Oui.

—Que voulez-vous dire?

—Rien.... Rien qui ne soit pour vous un espoir et pour elle une délivrance.

—Norton! fit M. de Solis, avec un accent où passait l'écho de toute l'amitié d'autrefois.

L'Américain le regarda de ses yeux farouches, et la voix rauque: