—Vous êtes, répétait alors Sylvia, la première personne dont la rencontre à Paris me cause une joie, ma chère Liliane!

—Eh bien! c'est gentil pour les Parisiens, ça! disait Mme Montgomery en riant.

Et Sylvia, toujours triste, d'ajouter doucement:

—Il ne saurait être question d'eux, puisque je ne les connais pas!

Et, certaine que mistress Norton, par une réception, un concert, une fête, un tapage quelconque—tout ce qu'elle aimait, elle, Liliane—poserait, quelque soir, sa candidature à une de ces royautés parisiennes qui durent parfois une saison et ont les chroniques mondaines pour Moniteurs officiels, Mme Montgomery attaquait tout de suite, dès cette première entrevue, la question intéressante:

—Ma chère Sylvia, si vous ne connaissez pas les Parisiens, tant mieux pour vous! C'est une amusante connaissance à faire. Très gais, très fins!... Un peu gourmés pourtant! Oui, vous ne vous figurez pas, ma chère! Paris devient anglais.... Il me rappelle Londres. Si nous n'étions pas là pour y jeter, avec nos dollars, un peu de notre fantaisie du Nouveau Monde, on s'y ennuierait comme dans une résidence allemande.

—Alors, Paris vous plaît?...

—Beaucoup. Depuis que j'y ai entraîné M. Montgomery, je ne m'y suis pas ennuyée un moment, pas une minute. Et pourtant....

Liliane s'était arrêtée, le cœur gros et soupirant. Cœur qui soupire....

—Et pourtant quoi? avait demandé Sylvia.