—Oui, fit Bourdenois avec un sourire, le cœur!

—Et l'estomac, pensa Terral. Il y a des gens maladroits. As-tu déjeuné? dit-il tout haut.

—Non... Oui, répondit le peintre en se reprenant.

—A cette heure-ci? Impossible! Tu as pris du chocolat peut-être. Allons, tu me tiendras compagnie!

Il l'entraîna par le bras, tout en causant, vers le Café du Rond-Point, où les gentlemen de ce quartier hippique fraternisent volontiers avec les maquignons voisins et les écuyers du Cirque. Bourdenois aurait bien voulu refuser.

—Allons, dit Terral, je suis vraiment enchanté de causer un moment avec toi. Je tiens à te prouver que j'avais raison jadis de souhaiter beaucoup et de désirer. Les désirs deviennent plus rapidement qu'on ne pense des réalités, et le royaume de ce monde n'est décidément qu'aux audacieux.

—J'en suis persuadé, fit Bourdenois.

Il semblait réfléchir et regardait la nappe blanche avec des yeux qui ne voyaient pas.

—Mange donc, reprit Terral en riant... Et bois, quoique ce vin soit détestable.

Il appela le garçon et demanda du Moulin-à-Vent;—puis regardant Bourdenois: