—J'ai envie de l'épouser, dit-elle le lendemain, au matin, quand madame Labarbade entra dans sa chambre.
—Comment, l'épouser? l'épouser? Épouser qui?
—Fernand.
—Le Terral?... Oh! oh! Il revient sur l'eau, celui-là. Tiens, au fait, voilà longtemps qu'on n'en avait parlé! Eh bien! mais, épouse-le, ma petite. A ton aise. Vous ferez bon ménage, je parie!
—Ménage! balbutia Cachemire, tout bas, comme un enfant.
—Il est joli, le Terral, songeait maman Anaïs, s'il ressemble à la jeune première.
—Le ménage! répétait Suzanne.
Peu à peu, elle s'assoupit. Sa petite tête ratatinée se fixa sur son oreiller,—un oreiller de dentelles, dont le luxe semblait railler tant de misère. Ses grandes paupières transparentes tombèrent sur ses pauvres yeux fatigués. Elle s'endormit.
Madame Labarbade se faisait belle pour recevoir son photographe.
Ce matin-là, justement, Fernand Terral s'était levé furieux, dans sa petite chambre, n'ayant rien trouvé depuis quinze jours de recherches dans Londres, acculé là-bas, comme il l'avait été ici, désespéré.