—Moi?
Et bien souvent encore, Labarbade quittait la place, sortait par la porte de la cuisine, allait s'asseoir dans le jardin, sous le grand cerisier où, toute petite, il avait fait jouer Suzanne, et quand il se sentait bien seul, il pleurait.
Madame Labarbade le voyait, un matin, pâle, les yeux rouges, très-agité, qui marchait dans la maison, comme un automate, au hasard. Il était venu des peintres de Barbison qui avaient commandé un repas, de la friture, des côtelettes, et qui attendaient, dans la salle, en chantant.
—Eh bien! dit-elle, t'occupes-tu du déjeuner? On réclame. Ils appellent.
—Le déjeuner? fit Labarbade machinalement. C'est vrai, ils ont commandé un déjeuner. Où est le poisson?
—Dans le bateau; veux-tu que j'aille le chercher?
—Quel bateau? dit-il.
Madame Labarbade le regarda d'un air effrayé.
—Ah çà! qu'as-tu donc, dit-elle... Tu deviens fou?
—Le diable m'emporte, ma tête se perd... Ils crient, ces gens-là à présent?