—Papa est mort!
—Ah! madame!
—Oh! ça me contrarie. Si tu crois qu'on n'aime pas ses parents. C'est vrai ça, me voilà toute chose. Eh bien! où est-il ce coiffeur?
Le coiffeur entra.
—Il y a longtemps que vous ne m'avez coiffée, M. Anatole? A Arcachon, pas un bon perruquier. Je suis peut-être trop difficile. Vous savez, vous me lirez toujours le Moniteur de la Coiffure. Je voudrais y trouver un type nouveau... Ah! que je suis contrariée!... Avez-vous déjà perdu votre père, vous?
—Il y a joliment longtemps!
—Ça vaut mieux. Quand on est petit, on ne s'en aperçoit pas! Oh! c'est assez de frisure, allez. Je suis bien comme cela. Aujourd'hui, je reste ici, d'ailleurs. Au fait, avez-vous des nouvelles de la pièce de Meilhac? Qu'est-ce qu'on en dit? Je voulais revenir d'Arcachon deux jours plus tôt pour être à la première! Ah! bien oui!... Mon époux était enchanté des sapins, de l'odeur de résine, des promenades en canot, de la mer... Et moi je me faisais vieille! Ah! Dieu!
—C'est un succès, cette pièce.
—Et Camille?
—Hum! hum! vous savez. Je rasais ce matin M. Olivier Renaud. Il prétend qu'elle est actrice comme le serait une tulipe. Jolie, rien de plus.