—Est-ce pour m'empêcher de me battre avec lui, que vous me dites ceci!
—Pas le moins du monde. Je ne serais pas fâché, d'ailleurs que ce muguet reçût de vous une leçon profitable. Ne le tuez pas surtout! J'ai peur que ce Terral ne s'emporte et ne s'enferre comme un poulet.
—Qui sait? fit M. de Bruand.
Au bout d'un moment, M. Handa-Machado fit passer sa carte à Léon. M. de Bruand lui présenta Fargeau. M. Handa-Machado eut la politesse de ne pas arrêter son regard sur les vêtements de Célestin, et lui offrit aussitôt sa voiture pour rejoindre les témoins de Fernand Terral.
L'affaire fut bientôt arrangée. Terral avait choisi pour ses témoins un officier de spahis, son compatriote qu'il avait rencontré le matin même dans la rue, et une de ses connaissances de table d'hôte. Il avait un moment songé à Charles Bourdenois. Mais l'officier lui plaisait mieux, et le second témoin avait, dans le quartier latin, une excellente réputation de duelliste.
Les témoins de Terral vinrent le trouver chez lui.
—C'est pour demain, dit l'officier. Bois de Boulogne, Auteuil, où l'on pourra. Le rendez-vous est à Courbevoie.
—Bien, dit Fernand.
—Veux-tu que je t'enseigne un coup excellent, dit le spahi.
—Merci. Je réponds de moi.