—C'est votre premier duel, monsieur? demanda le second témoin.

—Mon premier duel.

—Ah!

Au bout d'un moment de silence, l'officier demanda des fleurets.

—Je n'ai pas de fleurets, dit Terral.

—Bon. En ce cas, vite à la salle d'armes. Il faut se dérouiller la main.

—C'est juste, dit Fernand.

Il fit des armes jusqu'à l'heure du dîner. Son jeu, très-serré et très-fin, était à la fois élégant et sûr. Le prévôt avec lequel il faisait assaut paraissait un peu étonné et lui demandait de qui il était élève.

—D'un gendarme, dit Terral.

—Ancien soldat? vieux, sans doute? continua le prévôt tout en continuant l'assaut. Ce coupé de couronnement sent l'ancienne méthode. Mais votre jeu est excellent. Avec cela, classique. Ah! pardon, mauvaise; cette parade de quarte basse est mauvaise. Remarquez-le. Elle se prend sur un coup porté dans la ligne basse en frappant vigoureusement le fer de l'adversaire par un coup sec,—là! bien,—parfait! La main en tierce, l'épée horizontale. Excellent! Et vous vous battez demain, monsieur?