— Moi?

— Vous, capitaine.

— Mon général, fit Cornélius, je vous ai dit que le capitaine Flink était le plus brave de nous tous. Où il a échoué, comment voulez-vous que je réussisse?

— C’est votre affaire, capitaine. Mais il faut que les soldats qui viennent de mourir soient promptement vengés.

— Le capitaine Flink les vengerait aussi bien que moi... les vengera mieux que moi, mon général!

— Capitaine, reprit fermement le major général, vous ne me comprenez pas; il ne s’agit point de vous faire réussir où votre ami a échoué. Il s’agit d’un intérêt général, celui de la patrie, qui passe avant tout intérêt particulier. Il faut que, lorsque la Hollande apprendra que ses fils sont morts, elle apprenne en même temps que leur trépas a eu pour lendemain une victoire. J’entends donc que, dès l’aube, vous vous mettiez en marche vers le Guepo-Upas avec votre compagnie. C’est un ordre, capitaine, comprenez-moi bien, un ordre formel.

— Et si je ramène mes soldats comme Carlos Flink a ramené les siens?

— A la garde de Dieu, capitaine! La mort est belle quand c’est la mort pour le pays. Mais je suis certain que vous réussirez.

— Qui vous le dit, mon général?

— Votre sourire!