— Ton témoin? dit Carlos Flink avec une expression bizarre. Ton témoin?... C’est impossible.

— Pourquoi? Parce que j’ai eu la mauvaise fortune de marcher sur tes traces glorieuses dans le Guepo-Upas?

— Non, fit Carlos, ce n’est point pour cela! Margaret Holtius, ta fiancée, j’allais la demander à son père, et l’épouser eût été ma joie. Comprends-tu?

Cornélius van Elven était devenu presque livide. Il sentait bien maintenant que c’était là sans nul doute — là seulement peut-être — la véritable cause de la colère et de la souffrance de Carlos. Il n’essaya point de rien adoucir. La plaie était vive, et toute parole eût semblé une cruauté de plus.

Il tendit une fois encore la main au capitaine Flink et lui dit simplement:

— Demeurons toujours ce que nous avons été l’un pour l’autre, des frères, et si je t’ai involontairement causé une douleur, Carlos, pardonne-moi, veux-tu?

Sa main était largement ouverte et comme suppliante. Celle du capitaine Flink demeurait immobile et crispée. Cornélius se mordit les lèvres.

— Carlos!... Carlos! dit-il par deux fois, la voix étranglée.

Carlos ne répondait pas.

— Carlos! dit encore le capitaine Cornélius, je vais partir... je pars!