Dorsenne pousse un cri; il n'en peut croire ses yeux: c'est son uniforme que porte l'acteur. Il fait appeler Tautin, qui accourt.
—Quel est ce costume? De qui le tenez-vous?
—Je l'ai acheté au Temple.
Un domestique du général avait envoyé les bagages de Dorsenne aux revendeurs de la Rotonde. Le général n'avait pas le temps de se fâcher; il partit de fort méchante humeur, fit avec son vieil uniforme toute la campagne de Prusse, et sa brigade n'en marcha pas plus mal.
Il n'y a plus trace de la Rotonde et l'on n'aura plus que la consolation de la contempler en effigie toutes les fois qu'on reprendra le Fils du Diable, Paul Féval ayant placé là une des principales scènes de son drame. La démolition a été rapide, et les anciens hôtes de la Rotonde n'ont pas vu s'écrouler sans regret leur demeure. L'homme comprend si bien le prix du temps et des choses, qu'il s'attache à tout ce qui l'entoure et jusqu'aux pierres qui forment son logis. On ne voit pas sans émotion disparaître une maison (si noire et si vieille qu'elle soit), où l'on a mis quelque chose de sa vie! Les marchands du Temple ont voulu tous emporter une photographie de la Rotonde. Combien de fois la regarderont-ils en songeant au passé plein de souvenirs!
M. Laurent Pichat parlait dernièrement de certaine tradition,—qu'il
tenait de M. Laboulaye,—et qui se rapportait à la Rotonde du Temple.
Il s'agissait d'un testament de la reine Marie-Antoinette caché dans la
Rotonde. On devait le retrouver sans doute.
Un testament de la reine! Voilà qui doit intéresser les lecteurs des Histoires de Marie-Antoinette, publiées par MM. de Goncourt et M. de Lescure.
Mais que faut-il penser de la nouvelle?
Je demanderai à M. Laboulaye la permission de citer la lettre qu'il a bien voulu m'écrire à ce sujet.