Elle se tut encore.

Et sa grand'mère la regardait, émue malgré elle par cet entier, par ce profond désespoir.

Elle ne trouvait pas un mot pour consoler la malheureuse enfant.

Et elle ne trouvait pas en son coeur—persuadée que M. de Brécourt était coupable—place pour un regret.

Sans se réjouir de cette mort, qui, dans sa pensée, complétait le malheur de sa petite-fille, qui resterait déshonorée avec son enfant sans nom, elle ne s'en accusait pas; car elle trouvait qu'elle était juste, que c'était le châtiment envoyé de Dieu pour punir le crime commis, l'attentat dont sa petite-fille et elle avaient déjà tant souffert!

Et, ne pouvant pas dire ce qu'elle pensait, de peur d'augmenter encore le chagrin si profond de Laurence et de réveiller sa colère, elle ne prononçait pas un mot.

Elle laissait sa petite-fille pleurer.

Au bout d'un long moment, celle-ci redressa enfin sa tête, jolie et pâlie, tout inondée de larmes, comme une fleur de rosée, et elle dit:

—Comment est-il mort?

—Lis!