Elle demeurait absorbée en une rêverie. Peut-être pensait-elle aux misères, aux souffrances de toutes sortes qui naissent des situations irrégulières pour les enfants surtout et pour les femmes, et songeait-elle à celles qui attendaient sa petite-fille et son enfant, sans mari et sans père, comme les malheureux dont on venait de lui raconter la triste histoire.
Voyant qu'elle gardait le silence, Régulus reprit:
—A mon retour à Paris, je fus quelque temps sans revoir cette femme, dont je venais, m'avait-elle dit, de sauver l'enfant.
Puis, un soir, elle m'arriva, bouleversée, les vêtements déchirés, et elle me dit:
—Je pars.
—Où?
—Je vais retrouver mon enfant. Je ne puis pas vivre sans lui. Et je quitte pour toujours ce misérable.
—Votre amant?
—Oui. Je n'ai pas d'argent. Je ferai la route à pied. N'importe! Si je dois crever en route, eh bien! je crèverai; pour ce que la vie a d'agréments….
Je tâchai de la dissuader de partir.