Puis, à certains jours, la salle à manger était pleine d'invités et d'invitées, qui venaient complimenter Laurence, envier son bonheur.
On causait du mariage prochain, des somptuosités déjà entrevues de la corbeille.
Ici elles n'auraient personne.
Elles ne pourraient parler que de choses tristes, que de bonheurs déjà évanouis.
La vaste salle, avec ses hautes boiseries, ses tapisseries passées et son plafond élevé, son carreau nu et froid, ses fenêtres et ses portes sous lesquelles le vent gémissait, la vaste salle était horriblement triste.
Madame de Frémilly et Laurence paraissaient toutes petites et comme perdues en son immensité.
On ne la comprenait que pleine de seigneurs, d'écuyers, de pages et d'hommes d'armes, de châtelaines descendant de leurs haquenées, ou plus modestement de chasseurs nombreux venant de courre le cerf et se pressant autour d'une table de cent cinquante couverts.
Avec deux femmes seules, c'était le froid et le désert.
Cependant madame de Frémilly prit place à la table, le dos au feu.
Laurence s'assit en face d'elle.