Et ils regardaient tour à tour la grand'mère morne et la petite-fille désespérée avec des airs où se lisait une inquiète compassion.
Mais, ni madame de Frémilly ni Laurence n'y prenaient garde.
Que leur importait ce que leurs gens pouvaient penser?
Elles étaient toutes aux angoisses qui les poignaient, la grand'mère de voir sa petite-fille si malheureuse et celle-ci de se croire délaissée après avoir nourri en son coeur de tels espoirs de bonheur, après avoir fait de si éblouissants rêves!
Il fallait y renoncer maintenant, renoncer à tout. Sa vie était là désormais, entre ces hauts murs désolés, battus par les vents d'hiver aux hurlements lugubres, au milieu de ces plaines de neige et de glace, où l'oeil se perdait et dont rien ne venait rompre la monotonie; troubler le profond et sinistre silence.
Plus de bruit, plus de fêtes, plus de mots chuchotés à l'oreille par une bouche aimée. Rien, la tristesse, le désert!…
Laurence étouffait.
Elle se leva.
Elle sentait qu'elle allait éclater en sanglots.
Elle se dirigea vers une des hautes fenêtres donnant sur la campagne, donnant sur l'espace, comme si tout à coup l'air lui avait manqué et qu'elle eût eu besoin de respirer.