D'ailleurs cette édition va très bien avec la suite, que voici: le Quart Livre des faits et dicts héroïques du bon Pantagruel..... Paris, de l'imprimerie de Michel Fezandat, 1552, de format petit in-8º, laquelle forme la fin de l'œuvre qui peut être attribuée avec certitude à Rabelais.

Cependant on y joint encore: le Cinquiesme et dernier Livre des faicts et dicts héroïques du bon Pantagruel..... paru en 1564,—onze ans après la mort de Rabelais,—et publié par un nommé Jean Turquet, lequel a signé de son anagramme Nature quite une épigramme intitulée «Rabelais est-il mort?» placée après la table de ce volume. Les curieux recherchent aussi un fragment de ce cinquième livre, paru deux ans auparavant, sous le titre: l'Isle sonnante, par maistre François Rabelais..... imprimé nouvellement, 1562, plaquette rare, petit in-8º, dont le texte fut un peu modifié dans le volume ci-dessus.

Il est intéressant encore de posséder avec ces diverses œuvres originales, le fameux et bizarre volume intitulé: les Songes drôlatiques de Pantagruel, ou sont contenues plusieurs figures de l'invention de maistre François Rabelais..... première édition de Paris, Richard Breton, 1565, de format petit in-8º. Ces figures grotesques et satiriques furent inspirées à un artiste humoriste par les œuvres de Rabelais, mais non dessinées par lui, comme semble l'indiquer le titre. Le recueil en est très rare et très cher.

Vous ferez bien d'acquérir l'édition complète des Œuvres de Rabelais, publiée à Amsterdam chez Henry Bordesius, en 1611, contenant 5 volumes petit in-8º. C'est une des meilleures; elle contient d'intéressantes remarques de Le Duchat et Bernard de la Monnoye. Choisissez le grand papier. Une superbe édition a paru en 1741; elle renferme 3 volumes in-4º, ornés de portraits et de belles gravures d'après Bernard Picart et Du Bourg. Mais le texte est moins correct que dans celle de 1711.

Parmi les poètes de la fin du XVIe siècle, vous pouvez acheter les œuvres de J.-Antoine de Baïf, de Remy Belleau, de Joachim Du Bellay. Surtout, ne manquez pas d'avoir les œuvres de Ronsard, dont la plus belle édition est celle de 1567, en 6 tomes petit in-4º; la plus complète et la meilleure est celle de Paris, chez Nicolas Buon, 1623, mais elle est de format in-folio et par conséquent moins facile à placer dans des rayons. Les Œuvres de Vauquelin de La Fresnaye sont fort recherchées; l'édition de 1605 ou celle de 1612, qui n'est autre que la même avec un nouveau titre, se vendent cher. Un autre poète, normand comme Vauquelin, est assez estimé et ses œuvres offrent d'ailleurs un certain intérêt très piquant. C'est Courval-Sonnet, gentilhomme virois. La plupart de ses pièces sont satiriques et forment contraste, par leur allure libre et gauloise, avec la poésie fade et un peu naïve de cette époque. On trouve difficilement la première édition, datée de 1621, intitulée les Satyres du sieur Thomas de Courval-Sonnet et Satyre Ménippée sur les poignantes traverses du mariage, in-8º, et surtout l'édition originale séparée de 1609, de la Satyre Menippée contre les femmes et les poignantes incommoditez du mariage. Les éditions suivantes sont toutes presque aussi rares; celle de 1622, sous le titre d'Œuvres satyriques, est très recherchée, ainsi que celle de 1627; cette dernière est la plus complète de toutes.

Enfin Malherbe vint...

Nous arrivons à Malherbe et quand je vous aurai donné le conseil d'acheter l'édition originale si précieuse de ses œuvres, publiée à Paris, chez Ch. Chappelain, en 1630, ou la bonne et belle édition donnée en 1757, par Lefebvre de Saint-Marc, je m'arrêterai là dans mes citations. Les œuvres de Malherbe forment en effet une transition toute naturelle entre les ouvrages des poètes de la Pléiade et autres écrivains du XVIe siècle que je viens de citer, et les ouvrages immortels de nos grands génies du XVIIe, que je vous ai énumérés ailleurs.