Seulement, puisque le vêtement masculin s'inspire, avant tout, de la commodité, je voudrais qu'il fût entièrement conséquent à son principe, tout en offensant le moins possible la beauté.

Passe pour le pantalon! S'il manque de grâce, comme je le crois, la forme n'en saurait être modifiée sans nous gêner beaucoup. Je ne regrette pas la culotte. Je ne regrette pas non plus les habits mauves, bleu tendre, zinzolin ou gorge-de-pigeon. Je n'aspire point à me promener par les rues dans l'accoutrement d'un marquis du répertoire. Mais je voudrais que le vêtement eût le droit d'être plus flottant, plus aisé, de ne point ressembler à une carapace, comme cela se voit ailleurs encore que sur les gravures de mode.

La redingote est tolérable, à cause de ses larges pans. Le veston est mieux. Mais la jaquette est laide et l'«habit» de cérémonie est hideux par les élytres inexplicables dont il nous orne le derrière. Le col et le plastron de la chemise empesée font des taches de lumière amusantes par la crudité même de leur éclat et par un air de netteté unie et précise: mais je voudrais que la chemise molle, et même de couleur (rien ne lui interdirait d'être propre et jolie), fût partout tolérée, et à toutes les heures. Je demanderais la même faveur—et aussi le droit d'être en velours—pour le veston, cher aux poètes et aux «artistes», et qui peut être charmant: les gens du temps de Louis XIII le savaient bien. Je voudrais enfin l'abolition du chapeau haut de forme, objet aussi inconcevable pour le moins et aussi mystérieux que l'«habit», et plus épouvantable encore, en dépit de la perverse accoutumance de nos yeux...

Mais je sens bien ici que je suis en plein rêve.[(Retour à la Table des Matières)]

OBJECTIONS D'UN MORALISTE CONTRE L'EXPOSITION DE 1900.

Avril 1895.

Mon ami le moraliste me saisit par un bouton et me dit:

—Alors, elle vous enchante, vous, cette Exposition?

—Mon Dieu...