Et la poésie?—On attend de M. Sully-Prudhomme un poème intitulé: Le Bonheur. Il fera celui des professeurs de mathématiques, car les trois premiers livres de la géométrie de Legendre s'y trouveront mis en sonnets. M. François Coppée nous donnera quelques poèmes populaires et familiers. Le plus remarqué sera la Crémière:
C'était une humble femme, une simple crémière
De Montmartre. Elle était vaillante. La première
Du quartier, quand pointait l'aube aux cieux violets,
De sa pauvre boutique elle était les volets...
Ô vieille sibylle, dis-je à la dame, extralucide, vos malices sont grosses. C'est comme si vous me disiez que les pommiers continueront de donner des pommes, et les rosiers des roses, et que M. Dupuis et Mme Judic continueront de jouer les Judics et les Dupuis. Mais vous ne m'avez point dit si quelque jeune homme apportera dans le roman ou au théâtre une «formule nouvelle», pour parler la belle langue d'aujourd'hui, ni s'il sortira quelque chose d'intelligible du travail ténébreux des bons poètes symbolistes...
—Puis j'ajoutai timidement: Et la critique? car il ne faut rien oublier.
—Ce n'est pas de la littérature.
—Qui vous l'a dit?
—Un romancier.[Retour à la Table des Matières]
CONTES DE NOËL
Le Figaro a demandé des contes de Noël à nos romanciers les plus goûtés. Ces contes paraîtront dans le numéro du 25 décembre. Mais j'ai pu, en semant l'or avec une intelligente prodigalité, m'en procurer copie. Voici, pour les gens pressés, le canevas de quelques-uns de ces petits récits.