Claude obéit sans savoir pourquoi.

Ils sortent de l'église. La comédienne, les yeux encore rouges, dit à Claude:

—Ne vous moquez pas de moi, mon ami. Je ne sais ce que j'ai; mais vraiment je n'ai guère le cœur à souper maintenant. Ne m'y contraignez pas, je vous en supplie... Oh! je me connais, et je ne dis point que cette étrange et douce tristesse—ah! si douce!—survivra à cette nuit. Mais j'éprouve un grand besoin d'être seule... Accordez-moi cette grâce, vous que j'ai tant fait souffrir. C'est pour cela que je vous la demande: car, si vous saviez ce qui se passe en moi, vous vous en réjouiriez peut-être... À demain!...

Claude se méfie bien encore un peu, étant psychologue de son état; mais il continue à se demander: «Qui sait?» Bref, il met Colette dans un fiacre et rentre chez lui, rêveur.

Le lendemain il apprend qu'elle a soupé avec le petit René Vincy à la Maison-Dorée, et qu'elle l'a ramené chez elle.

Sur quoi il écrit un nouveau chapitre, extrêmement féroce, de sa Physiologie de l'amour moderne.[Retour à la Table des Matières]

M. PIERRE LOTI.

NOËL À YOKOHAMA.

C'est pendant la nuit du 24 au 25 décembre 1887. Loti, son frère Yves et Mme Chrysanthème sont assis sur des nattes, dans une maison de papier.

Ils rêvent.