MÉNIQUETTE PIGASSOU.
L'auteur nous confie que, dans son enfance, il aimait déjà toutes les femmes, comme il a continué de faire au grand séminaire de Montpellier.
Donc, le jeune Ferdinand a treize ans; il apprend le latin chez son oncle l'abbé Fulcran, curé de Lignières-sur-Graveson; celle qu'il aime, c'est Mlle Méniquette, une jolie personne de vingt ans, mi-paysanne et mi-bourgeoise, fille de M. Pigassou, maire de Lignières.
Il voit souvent Méniquette. Elle vient tous les samedis, et aussi la veille des fêtes, parer l'autel, mettre en ordre les vêtements sacerdotaux. Une fois, M. l'abbé Fulcran a trouvé son neveu en train de baiser ces saints ornements, auxquels les mains de Méniquette venaient de toucher; et le digne prêtre, peu clairvoyant, a loué Ferdinand de sa piété.
M. l'abbé Fulcran a pour Méniquette la plus haute estime:
—Mlle Pigassou est une âme d'élite, répète-t-il à tout propos.
... M. l'abbé Fulcran et son neveu sont invités à faire le réveillon chez M. Pigassou; Ferdinand ne se tient pas de joie. De plus, il doit chanter un solo à la messe de minuit; et Méniquette sera là!
Description de la messe de minuit à Lignières-sur-Graveson. Énumération des principaux assistants, avec leurs prénoms et profession. Les femmes, encapuchonnées de noir, ont apporté leurs lanternes—Effets de lumière et d'ombre.
Le jeune Ferdinand, étranglé d'émotion, rate son solo. Il fait un couac... et voit rire Méniquette, qui est assise sur le premier banc, «du côté de la sainte Vierge».
Son désespoir est tel, qu'il se sauve dans la sacristie; là, il dépouille son rochet et sa soutanelle d'enfant de chœur; il ouvre la porte qui donne sur le cimetière, escalade le mur, se jette au hasard à travers champs.