—Ces fleurs attendent quelqu'un, c'est clair comme le jour.
—Je ne sais pas, répéta la fille, étonnée, un peu tard, de l'insistance d'Otto et soudainement méfiante… Mais voulez-vous bien vous en aller?
—Oui, mon amour, je veux bien à présent.
Otto sortit par la terrasse, gagna, en se dissimulant derrière les arbres, la petite porte du parc et oublia de la refermer à clef.
Un homme, avec un cheval, l'attendait à Steinbach, dans une auberge: un ancien policier qui avait coutume de l'accompagner, à distance, dans ses expéditions.
Otto traça quelques lignes sur une feuille de carnet en déguisant son écriture, cacheta et dit à l'homme:
—Il faut que ceci soit remis secrètement, avant la nuit, à la princesse
Wilhelmine.
Cela lui semblait amusant de jouer ainsi les traîtres de mélodrame. Cependant, il réfléchit qu'il avait rendez-vous, ce soir-là même, avec la petite-fille du garde et que, si, en effet, il se passait quelque chose dans la maison mystérieuse, peut-être serait-il trop près, pour sa tranquillité, du «théâtre des événements». Mais il en prit vite son parti:
—Au contraire, ce sera plus drôle… D'ailleurs, qu'est-ce que je risque?… Et puis peut-être que je me trompe et qu'il n'y aura rien du tout… Enfin, nous verrons bien… Je crois que, cette fois, je tiens une émotion…