Elle prit les mains d'Hermann et les baisa avec emportement.
—Que d'effusion, mademoiselle de Thalberg!
Depuis quelques instants, secrètement inquiète de la disparition de son mari, la princesse Wilhelmine, sous prétexte de venir respirer l'air frais de la nuit, était venue explorer la terrasse, et, ayant découvert ce qu'elle cherchait, elle s'avançait, la tête haute, dans son immuable sérénité.
—Mademoiselle de Thalberg, dit Hermann, croit avoir à me remercier. Elle me priait de l'excuser auprès de vous de son incorrection de tantôt. Je lui ai promis de le faire.
—Il suffisait qu'elle s'en excusât elle-même, dit sèchement Wilhelmine.
—Elle me priait aussi de vous demander pour elle un congé de quelques mois, qu'elle désire passer chez son grand-oncle, le marquis de Frauenlaub.
Soulagée du soupçon qui commençait à la tourmenter, la princesse demanda d'un ton plus doux:
—Était-il nécessaire qu'elle s'adressât à vous pour cela?
Hermann prit un air détaché:
—Elle est, comme vous savez, timide et un peu sauvage. A tort ou à raison, je lui fais peur moins que vous parce qu'elle me connaît depuis plus longtemps, et elle a pris l'habitude de recourir à moi dans les grandes circonstances. Soyez tranquille: je l'ai très fort grondée pour son manque de tenue. Enfin, madame, comme je suis sûr de son bon coeur et que j'ai vu son repentir, je vous demande de lui pardonner et de faire droit à sa requête.