R.—La jalousie… mais, encore une fois, je n'étais ni assez amoureux, ni assez niais pour être jaloux de cette fille.

D.—En admettant que vous fussiez aussi indifférent que vous le dites, il est néanmoins de la dernière évidence que l'affection de Defodon pour elle était réelle: il avait écrit sur une photographie ces mots explicites: À toi mon coeur! À toi ma vie!

R.—C'était une plaisanterie.

D.—Dans une scène qui a précédé le crime de quelques jours, vous avez menacé Defodon; vous étant emparé d'un couteau, vous vous êtes écrié: Je vais te dépioter comme un lapin.

R.—S'il est des témoins qui donnent une importance quelconque à ce propos, ils sont fous ou de mauvaise foi: ce n'était là qu'une menace faite en riant et dont, je vous l'affirme, Defodon n'était nullement effrayé.

D.—Malgré ces explications, il ressort de l'enquête que vous avez toujours été d'un caractère violent.

R.—Je ne suis pas un mouton, mais je ne suis pas un tigre.

D.—Je fais encore une fois appel à votre franchise: dans la soirée du 23 avril, une discussion s'est-elle, oui ou non, élevée entre vous et Defodon?…

R.—Non.

D.—Vous persistez à dire qu'il s'est jeté sur vous sans provocation, et que c'est seulement en vous défendant que vous lui avez donné la mort?