—Comme nous n'avons pas de temps à perdre, j'abuserai de votre complaisance. Veuillez aller immédiatement à l'hôtel de Bretagne et du Périgord demander si la chambre occupée par Defodon est libre et louez-la aussitôt pour moi. Surtout que l'on ne touche à rien et qu'on la laisse exactement en l'état où elle se trouve…

—Cela sera fait.

—Bien. Maintenant, je vais vous demander quelque chose qui pèsera à votre amitié. J'ai besoin de quinze jours d'absolue solitude. Voulez-vous me les donner?…

—Oui, grand alchimiste. Je ne viendrai pas troubler le grand oeuvre!

—Pour vous remercier, je vous dirai ceci: Beaujon a étranglé Defodon.
Son récit est absolument vrai. Donc Beaujon est innocent
.

—Et il n'est pas fou?

Maurice se leva, me serra la main et me dit en souriant:

—C'est aujourd'hui mardi, donc d'aujourd'hui en quinze jours, je vous attends.

X

On comprendra si je devais être exact au rendez-vous. J'avoue très franchement—dût-on me taxer de vanité ou d'inconséquence—que, pendant toute cette quinzaine, je me creusai la tête pour trouver la solution du problème dont je m'étais promis, dont je m'étais imposé d'étudier les termes. J'avais dû, à mon grand regret, abandonner l'hypothèse de l'aliénation mentale. En effet, groupant à nouveau les diverses circonstances du procès, je n'avais rien trouvé qui pût produire en moi—je ne dirai pas une certitude, mais seulement une probabilité réelle.