—Ah! il détestait les insectes, les papillons?…
—Les papillons moins, parce qu'ils étaient jolis. Mais c'étaient les bourdons, les guêpes, les araignées… ça le dégoûtait, le pauvre innocent. Et quand, par hasard, une de ces vilaines bêtes le cognait dans le jardin, il devenait tout pâle et faisait une grosse moue toute dégoûtée…
—Vous ne vous rappelez pas quelque fait particulier à ce sujet?
—Non… je ne crois pas!… Ah! tiens, si fait… je me rappelle que pendant près de quinze jours, il ne voulait pas passer par une allée, pourtant bien jolie, sous bois et ombreuse… Moi, je lui disais comme ça: «Mais viens donc, petit!»—Non, non! et il criait et il trépignait. Alors je l'ai pris dans mes bras et j'ai voulu passer avec lui. Il s'est débattu en criant: La bébête! la bébête! Croiriez-vous ça? C'était parce qu'une grosse araignée avait fait sa toile juste à l'entrée de l'allée, la pauvre bête. Ma foi, je l'ai tuée. Du reste, ça tenait de famille. M. Defodon est comme cela…
Le jardinier fut congédié. Maurice me pria d'appeler le médecin. C'était un de nos amis, le docteur R…
—Mon cher, lui dit Maurice, tu as bien examiné M. Defodon?
—Oui. Tu peux tenter l'expérience.
—Tu es sûr que la commotion n'offre aucun danger?
—Aucun danger sérieux, j'en réponds. Malgré son état d'excitation nerveuse, il est très fort et j'affirme qu'il n'y a rien à craindre…
—Mais qu'allez-vous faire? s'écria l'avocat.