—Je vais tenter une expérience décisive; la scène qui va se passer vous édifiera complètement sur les faits qui vous intéressent, et quelques dernières explications seront à peine nécessaires. J'ai dû seulement prendre certaines précautions afin que la santé de M. Defodon n'eût pas à souffrir d'une épreuve qui aurait pu être dangereuse dans son état. Vous avez entendu la réponse du docteur; je crois que nous pouvons agir.

—Faites donc, répondîmes-nous.

M. Defodon père entra: c'était, on ne l'a pas oublié, un vieillard petit, très maigre et agité d'une sorte de tremblement continuel. Ses jambes paraissaient avoir peine à le soutenir. Maurice le fit asseoir sur un fauteuil.

—Monsieur, lui dit-il, quelle que soit la douleur que vous ait fait éprouvé la perte de votre fils, j'espère que vous serez assez bon pour bien vouloir répondre aux quelques questions que je vais vous adresser et qui n'ont d'autre but que la recherche de la vérité.

Maurice s'était assis auprès du vieillard, devant la table. Il attira lentement à lui une petite boîte carrée et posa le doigt sur le couvercle.

—Peut-être ma demande vous paraîtra-t-elle étrange. Vous souvenez-vous de l'histoire de Pellisson?

—De Pellisson!

—Emprisonné, Pellisson, dans sa solitude, eut la singulière idée d'apprivoiser un animal qui ordinairement inspire à tous la répulsion la plus grande… Il trouva une araignée, dans un coin de sa prison, une grosse horrible araignée…

Maurice appuyait sur les mots, et regardant fixement Defodon père:

—Oui, il eut le courage de la prendre entre ses doigts… de l'approcher de son visage, tandis que ses longues pattes… remuaient…