—Mais, si tu dis vrai, tu as dû remarquer en lui des tremblements nerveux. Son haleine doit être imprégnée de cette odeur.

—Non, je n'ai rien remarqué de cela. Du reste, sa chambre ne sent pas cette odeur-là, je crois bien la reconnaître à travers la porte de son cabinet.

Ceci me déroutait un peu.

—Bon! fis-je encore. On se guérit de toute passion mauvaise. Je comprends tes inquiétudes, mon ami, mais j'espère pouvoir les dissiper avant peu. Je verrai ton maître, tu vas lui annoncer mon arrivée avec telles précautions que tu jugeras nécessaires. Sois tranquille, je saurai bien faire excuser ta désobéissance, je reprendrai sur lui l'influence que m'assurent mon amitié et mon sang-froid. Ne perdons pas une minute. Monte, mon cher Jean, je t'attends ici.

Mais, loin de m'obéir, Jean secouait la tête.

—Pourquoi hésiter? Tu ne doutes pas de l'affection de Paul pour moi. Il ne reçoit personne, soit, mais moi!

Jean s'était levé, déambulant par la chambre, en proie à un visible embarras. Comme je le regardais curieusement, me demandant quelle lubie nouvelle le troublait, soudain il s'arrêta devant moi, et, me fixant de ses yeux grands ouverts:

—Monsieur, pas ce soir, pas ce soir. J'essaierai demain à dix heures, mais pas ce soir!

—Et pourquoi?

—Parce que…