Il rit.
—Eh donc, voilà que tu te perds en plein roman. C'est du feuilleton, cela… sommes-nous donc des enfants pour nous arrêter à pareilles billevesées…
—Mais enfin, morte ou vivante, il n'y a pas de milieu…
Il redevint très grave soudainement.
—Voilà bien les parleurs, fit-il à mi-voix, se grisant de mots, posant des axiomes avec une audace qui n'a d'égale que leur légèreté. Morte ou vivante!… cet ou est merveilleux!
Il se tut comme craignant d'en trop dire, mais je n'entendais pas qu'il s'arrêtât en si beau chemin. Pour moi la chose était indubitable: dans ce cerveau en apparence très sain, il y avait ce que j'appellerai irrévérencieusement une fêlure…
—Pourquoi cet ou te semble-t-il si singulier?
Il me regarda bien en face.
—Parce qu'il implique antagonisme, me répliqua-t-il nettement, parce qu'il signifie incompatibilité entre les deux états…
—Oserais-tu prétendre qu'on peut être à la fois mort… et vivant?…