Il se refusa à toute causerie, se renfermant dans sa chambre et verrouillant sa porte.
Je savais qu'ils se cloitrait de bonne heure dans le cabinet secret. Les fioles d'éther se vidaient rapidement. Il ne me demandait plus de l'accompagner. Mais je veillais à son insu, je m'étais même procuré de doubles clefs de sa chambre et du cabinet.
Tandis qu'il se livrait à ses douloureuses expériences, je restais de l'autre côté de la porte, l'oreille collée au panneau, dans un état d'indicible angoisse.
Un soir, il était enfermé depuis plus de deux heures, j'entendis un cri navré, comme un râle et en même temps le bruit d'une chute.
En une seconde je fus auprès de lui. Il était à terre au milieu du cabinet, en proie à des convulsions épileptiformes. Je le relevai, l'emportai dans mes bras, hors de cette atmosphère saturée d'éther. Il était livide avec un masque de mort…
Je parvins à le ramener: mais alors il se dressa à demi, le visage contracté, criant:
—Elle ne m'aime plus… elle m'abandonne… Virginie, Virginie, pourquoi donc n'es-tu pas venue?…
Puis ce fut une crise qui ressemblait à un accès de folie furieuse.
Le lendemain Paul était pris d'une fièvre intense, compliquée d'un délire aigu.
J'appelai par télégraphe un ami, grand praticien de Paris, qui accourut et je lui dis tout…