Il se dit qu'après tout il avait expié ce crime: car quel espoir de sortir du gouffre où il était enlisé! Eh bien, qu'il mourût, ce n'était après tout que le châtiment qui lui était dû!

Sous le poids de ces pensées douloureuses, Sir Athel se sentait faiblir. Toute son énergie l'abandonnait. Était-ce manque d'air ou simplement l'effet de la tension morale, ses nerfs se brisaient, son cerveau s'embrumait, un voile s'étendait sur ses yeux. Il éprouvait la sensation épouvantable de l'inhumation prématurée, et ses deux mains, en un geste désespéré, se crispèrent contre sa poitrine, secouée par un spasme convulsif.

Ce geste inconscient le sauva.

Sous ses doigts, il sentit des objets durs qu'il connaissait bien: c'étaient de petites boîtes plates, pareilles à des bonbonnières, dans lesquelles il avait enfermé des parcelles de vrilium!

Le vrilium! Quoi! Il était en possession de ce produit étonnant, de ce moteur universel, de cette panacée à laquelle rien ne résistait! Et il se laissait aller au découragement!

A quoi donc eût servi de s'être rendu maître d'un des plus puissants secrets de la nature, si cette découverte ne lui eût pas apporté le salut dans les circonstances les plus désespérées....

Après tout, puisqu'il n'était pas mort, pourquoi ses deux compagnons eussent-ils nécessairement succombé?

Rien que pour avoir touché une des boîtes qui renfermaient le vrilium, déjà sir Athel se sentait réconforté! Non, non, il ne s'abandonnerait pas, il lutterait, il vaincrait!...

Et il lui sembla voir, dans une vague pénombre, le doux visage de Mary Redmore qui l'encourageait.

—Je suis dans le Vriliogire, se dit-il. Mais où se trouve l'appareil? C'est là ce qu'il faut savoir, et pour cela il faut de la lumière. Le vrilium va m'en procurer.