Le sergent—au coupe-choux—avait été ranimé à grand renfort de kirsch, mais était incapable de fournir la moindre explication sur la nature de ses sensations—qu'on devinait seulement n'avoir pas été des plus agréables.

Que faire? Heureusement que l'administration a des principes qui lui servent de guide en toute circonstance. En celle-ci, la règle était simple, en référer à ses chefs.

Le commissaire, résolu à suivre ce précepte dont l'observation le dégageait de toute responsabilité, se mit alors en devoir de recueillir tous les renseignements nécessaires pour dresser procès verbal, et en premier lieu, de décrire aussi exactement que possible l'objet mystérieux qui gisait là, à demi, aux trois quarts peut-être enfoui dans les pierres et le sable.

S'approchant avec toute la prudence compatible avec son courage civique, le magistrat dicta des notes à son secrétaire.

Le toit de l'objet, arrondi et rappelant vaguement la forme du casque allemand, reposait sur quatre colonnettes de métal, réunies elles-mêmes par des croisillons qui paraissaient d'argent, ou plus vraisemblablement de nickel. La forme générale était carrée.

Cette cage (le mot décidément valait mieux que celui de kiosque) sortait de la terre d'environ 80 centimètres, et la partie inférieure était cachée dans le sol.

En tendant l'oreille, on entendait de temps à autre à l'intérieur un bruit difficile à définir, comme d'un ressort qui se serait déclanché, et aurait mis en mouvement une roue ou un volant.

Le procès-verbal décrivait de la façon la plus correcte possible les phénomènes bizarres qui se développaient, lorsqu'on touchait l'engin, «que, malgré son incompétence avouée, le commissaire n'hésitait pas à qualifier d'électrique ou approchant».

Un petit incident se produisit. Un des gosses, rôdaillant dans le terrain, trouva dans un coin, profondément enfoncée dans la muraille, une pièce de métal, plate, étroite, assez longue, aux bases arrondies, une sorte de palette ou d'ailette. Comme il essayait de l'arracher, le magistrat s'y opposa formellement, estimant que désormais il appartenait à l'autorité supérieure de parfaire l'enquête qu'il avait si intelligemment commencée.

Inutile de dire qu'il avait interrogé les voisins les plus proches et que tous s'étaient accordés à dire—avec une rare unanimité—qu'ils ignoraient absolument ce que pouvait être la machine en question et comment elle se trouvait dans le terrain vague.