Armand se tourna vers Martial.

—Si nous décidons qu'il y aura épreuve, ceci signifiera que nous avons besoin de nouveaux gages avant de vous admettre à titre définitif dans nos rangs. En ce cas, vous ne connaîtrez ni nos noms ni nos visages. Nous vous imposerons une tâche, et c'est seulement lorsqu'elle sera remplie que vous deviendrez notre compagnon et notre frère.

—Quelle que soit votre décision, dit Martial, je l'accepte. Je comprends moi-même que la faiblesse d'âme dont j'ai fait preuve vous peut mettre en défiance contre moi. Et cependant, si vous pouviez lire au fond de ma conscience, vous vous souviendriez que du creuset de la douleur et du remords, la volonté sort plus vigoureuse et plus résistante....

Armand l'interrompit d'un geste.

—Nous vous avons entendu: il nous reste à vous juger. Sachez encore que toute décision réclame l'unanimité des voix, en ce qui concerne l'affirmation ou la négation. Pour l'épreuve, une seule voix suffit pour l'imposer.

Il se fit un grand silence.

—Martial, reprit bientôt M. de Bernaye, chacun de nous, après avoir consulté sa conscience, va faire connaître sa décision devant vous.

Martial inclina la tête. Il était pâle d'angoisse.

Sir Lionel Storigan se leva le premier et dit:

—Oui.