LE MEURTRE

Nous avons laissé Biscarre et Diouloufait au moment où ils quittaient la tanière creusée dans les rocs d'Ollioules.

Sans s'expliquer davantage, Biscarre avait désigné la maison isolée—c'est-à-dire la chaumière de Bertrade—comme le but de leur excursion criminelle.

La gorge était étroite. Ils marchaient silencieusement entre les murailles à pic qui se dressaient comme d'énormes fantômes noirs.

Biscarre allait en avant, Diouloufait mesurant son pas sur le sien.

Nous saurons tout à l'heure ce qu'était Biscarre. Mais d'où venait ce Diouloufait, vigoureuse nature taillée en pleine chair et qui, cependant, dans sa brutalité, n'avait pas la physionomie froidement cruelle, féroce même, de son compagnon, de son maître?

Diouloufait était pêcheur, fils de pêcheur. Quand il était jeune, il se jetait à travers les dangers de la mer avec l'insouciance des enfants. Son père était un bon et robuste travailleur à qui le repos était inconnu.

Dès l'aube, on le voyait au bord de la Méditerranée examinant ses filets, les raccommodant lorsque la vague les avait déchirés.

Bartholomé, son fils, était auprès de lui, impatient, ne comprenant, dans ces excursions quotidiennes, que le plaisir d'entendre le vent siffler et de voir le flot bondir. Il tirait son père par sa vareuse de laine, et de ses grands yeux glauques, le regardait en lui disant:

—Dépêchons-nous, père.