En vain, on lui offrait de tous côtés l'hospitalité et un morceau de pain; en vain, on lui répétait qu'il fallait apprendre un état à Bartholomé, et on s'offrait même à le prendre pour rien en apprentissage.
Elle répondait par un ricanement et reprenait sa course vagabonde, étendant sans cesse le cercle de ses tentatives criminelles.
Une nuit, elle tenta de franchir le mur d'un jardin appartenant à un nouveau venu dans le pays. L'homme ne la reconnut pas, prit son fusil et tira.
La femme tomba frappée d'une balle en plein corps.
Bartholomé resta seul: pour lui ce fut le dernier coup. Cette haine de tous, que sa mère s'était efforcée de lui inculquer, ne fit que grandir et se développer.
Vinrent les mauvaises connaissances.
Il s'adjoignit bientôt à une bande qui dévastait les environs. A seize ans, il fut pris et condamné aux travaux forcés.
Ce fut au bagne de Toulon qu'il dut subir sa peine. Il en avait pour dix ans.
Dès la première année, il tenta de s'évader. Mais le coup avait été mal organisé. On s'empara de lui, et sa peine fut portée à quinze ans. L'année suivante, nouvelle tentative également suivie d'insuccès, et nouvelle augmentation de peine. Cette fois, c'était vingt ans.
Furieux, décidé à tout pour recouvrer sa liberté, sans savoir même quel usage il en pourrait faire, Diouloufait rêvait d'assassiner un gardien et de s'échapper au prix de plusieurs meurtres, lorsque Biscarre arriva au bagne.