Puis, rejetant la couverture qu'il avait attachée autour de lui pour se garantir du froid, il boutonna soigneusement la redingote étriquée et usée qui composait toute sa garde-robe. Il prit son chapeau, qu'il enfonça sur son front d'un mouvement sec.
Encore une fois il jeta les yeux autour de lui.
Peut-être cherchait-il un dernier encouragement. Peut-être se disait-il que tout à coup une voix allait s'élever, qui lui crierait de prendre courage....
Fol espoir! Seule, la misère froide et hideuse répondit à ce regard désespéré.
Il passa sa main sur ses yeux. Puis, avec un regard navré, il mit la main sur la serrure.
Il se trouvait sur l'escalier. C'était la route de la mort qui commençait. Chaque marche qu'il franchissait l'entraînait vers le gouffre du suicide.
L'étage qui conduisait à la mansarde, étroit et glissant, conduisait, après une trentaine de degrés, dans le grand escalier, auquel il accédait par une porte basse.
Jusque-là il avait marché dans l'obscurité, s'appuyant au mur pour se guider.
Mais tout à coup il se trouva inondé de lumière.
Pour les heureux d'en bas, l'escalier avait été orné de fleurs; un épais tapis couvrait les degrés, amortissant le bruit des pas. Des lampadères, fixés aux murailles, jetaient les feux croisés des bougies roses.