Quelques minutes lui avaient suffi pour rejeter le costume qu'elle portait. Maintenant elle était revêtue d'une robe de soie bleue et argent, dont les plis, collés au corps, moulaient ses formes admirables et que serrait à la taille une cordelière d'argent.

Sur ses cheveux, qu'elle avait dénoués et qui retombant sur ses épaules lui faisaient comme un manteau, elle avait jeté une résille d'argent dont l'éclat mat faisait mieux ressortir encore la teinte bleue de ses tresses splendides.

Le cou se dégageait, ferme, admirablement moulé, tandis que les manches, largement fendues, laissaient voir les bras, qu'un statuaire eût moulés, jusqu'à la naissance du coude.

Les lèvres étaient rouges, l'oeil noir brillait d'un éclat radieux....

Elle s'approcha de Jacques, le repoussa doucement vers le sofa, sur lequel elle le contraignit de reprendre sa place, et s'agenouillant devant lui, elle dit tout bas:

—Dis, me trouves-tu belle ainsi?...

—Oui, murmura-t-il, belle comme un rêve....

Il sentait monter à son cerveau un parfum enivrant, et de ce regard fixé sur lui s'échappait un rayonnement qui l'éblouissait.

—N'est-ce pas! tu ne mourras pas? dit-elle encore. Je ne le veux pas!... Je veux que tu vives... entends-tu bien... que tu vives pour moi, pour moi seule!

Puis l'attirant à elle, dans un élan plein d'une charmante violence, elle posa ses lèvres sur les siennes....