—Ah! tu as chassé Jacques! cria-t-elle. Eh bien! à nous deux, monsieur de Belen!

Et quelques instants après, sans qu'elle eût hésité, sa voiture l'entraînait sur la route de Courbevoie.

La maison habitée par de Belen était en réalité un hôtel ou plutôt une sorte de château. Le parc s'étendait autour du bâtiment et se prolongeait jusqu'à la Seine.

La petite porte à laquelle sa lettre faisait allusion et qui était réservée aux visites intimes, donnait accès dans une serre d'hiver, tout encombrée d'arbustes exotiques.

Là, le duc se promenait avec agitation, l'oeil fixé sur cette porte qui ne s'ouvrait pas. La courtisane aurait-elle donc refusé de venir? Était-il vrai qu'elle ne portât aucun intérêt à ce Jacques et qu'elle n'eût été aux mains de Mancal qu'un instrument inconscient? Sans cesse il se rapprochait de cette porte, tendant l'oreille pour saisir le bruit de la voiture qu'il attendait.

—Madame la duchesse de Torrès attend monsieur le duc au salon, dit une voix.

De Belen se retourna surpris.

C'était un valet qui avait parlé.

—C'est bien, je me rends auprès d'elle, dit-il brusquement.

Mais, en suivant les galeries vitrées qui, par une route couverte et ininterrompue, conduisaient jusqu'aux appartements, de Belen réfléchissait. C'était la première fois que la duchesse entrait ainsi chez lui, au grand jour, sans se cacher, passant devant ses gens.