Ceci avait un vague parfum de défi.

Quand il entra dans le salon, la duchesse, vêtue simplement, était debout, le visage couvert d'un voile.

Il s'approcha et la salua.

Elle releva son voile et il reconnut alors qu'elle était d'une pâleur livide: ses grands yeux brillaient d'un reflet métallique.

—Madame, dit-il, je vous prie de m'excuser si je vous ai demandé de venir ici.

Elle avait aux lèvres une crispation ironique qui le troublait.

—Trêve de politesse! fit-elle à son tour. Vous m'avez appelée. Je suis venue, et me voici prête à vous entendre. Seulement je vous prierai d'être bref, j'ai peu de temps à vous donner.

Sans répondre immédiatement, il la regarda.

Elle avait bien l'attitude d'un adversaire préparé pour la lutte.

D'un geste, il l'invita à s'asseoir et il prit lui-même un siége.