—Peut-on le transporter à la prison?...
—Non, reprit le praticien, le trajet serait trop long. Je vais donner ordre qu'on le reçoive à l'Hôtel-Dieu....
—Espérez-vous sa guérison?
—C'est une nature d'une vigueur exceptionnelle. Mais on ne pourra être fixé que lorsque l'hémorrhagie se sera arrêtée.
Il avait été fait comme le médecin avait dit.
Étendu sur une civière, Dioulou avait été transporté à l'Hôtel-Dieu. Il était dans un état complet d'insensibilité; son visage s'était marbré de teintes livides, comme si les doigts de la mort se fussent imprimés sur sa face.
Il existait alors à l'Hôtel-Dieu une chambre spéciale destinée aux personnages se trouvant dans une situation exceptionnelle. Elle était placée au premier étage, donnant sur la rivière, à peu de distance de la passerelle qui unit les deux rives. Au-dessous, on voyait s'ouvrir une large baie garnie d'une grille énorme. C'était une des ouvertures qui donnaient accès dans les anciens souterrains, que jamais d'ailleurs nul ne visitait, et qu'on disait complétement envahis par les eaux.
Cette chambre, dont les murs étaient blanchis à la chaux, ressemblait à une cellule de prison; et pour compléter l'illusion, de forts barreaux de fer étaient scellés dans le cadre de la haute fenêtre.
Le plancher était formé de larges dalles, à carrés blancs et noirs, recouverts d'une natte de corde.
C'était là que nous devions retrouver Diouloufait.