—Un ouvrier, qui a été blessé pendant son travail... ceux qui tombent à ce champ de bataille ont droit à toute notre estime. Veuillez vous enquérir de ce qu'il sait faire, et nous tâcherons de lui donner des travaux à surveiller, à diriger....
Et ainsi à chaque nom qui passait sous ses yeux, Marie de Favereye trouvait à formuler quelques observations qui prouvaient un sens droit et un inaltérable sentiment de justice et d'humanité.
Quand elle eut achevé, elle donna quelques instructions à Martial, puis l'entretint de ses travaux, lui prodigua les encouragements, enfin se leva comme pour l'inviter à prendre congé.
Mais Martial, immobile, le visage couvert d'une rougeur qui s'augmentait à chaque instant, semblait hésiter à se retirer.
—Avez-vous quelque chose de plus à me dire, mon ami? demanda doucement madame de Favereye.
—Moi, madame, en vérité, je n'ose.
—Et pourquoi? Ne me connaissez-vous pas assez pour savoir que je suis avant tout votre amie? Avez-vous donc quelque confidence à me faire?
—Peut-être.
Le front de Marie se couvrit d'une ombre légère.
—Une confidence ou une confession? demanda-t-elle.