—Une confession! que voulez-vous dire?
—Ne vous ai-je pas affirmé que je remplacerais auprès de vous la mère que vous avez perdue, et qui était tout bonté et tout indulgence.... A elle vous auriez tout avoué, jusqu'à vos fautes. C'est cette même confiance que je réclame de vous.
—Mais je vous jure!...
—Voyons!... ne tremblez pas ainsi!... Hélas! j'ai une douloureuse expérience du coeur humain... il est telles passions qui laissent dans l'âme des sillons que rien ne peut effacer... N'auriez-vous pas d'aventure revu... cette femme, cette Isabelle?
—Oh! madame! je vous en supplie, ne prononcez pas ce nom! en ce moment surtout! Vous ne savez pas tout le mal que vous me faites!
—Pardonnez-moi!
—Oui, j'ai été coupable autrefois! oui, cette misérable a possédé mon coeur, mon être tout entier, et avait engourdi en moi tout sentiment de probité et d'honneur; mais aujourd'hui, tout ce passé s'est évanoui comme un mauvais rêve, je marche la voie droite, tête haute, coeur ouvert! Non, ne parlez plus de cette femme! ou je croirai que ma mère ne m'a pas encore pardonné!
Disant cela, Martial s'était levé.
Ses yeux brillaient d'une noble indignation.
—Encore une fois, dit Marie, pardonnez-moi si j'ai réveillé ce poignant souvenir... J'ai eu tort, car je crois en vous! et c'est une mauvaise action que de soupçonner de faiblesse ceux qui se repentent sincèrement; mais parlez, je suis prête à vous entendre....