—Mais c'était donc lui? s'écria Martial, répondant à la pensée intime qu'il n'avait pas osé formuler.

—Attendez! fit Armand en levant la main.

Puis il marcha vers une porte et l'ouvrit.

Soëra parut.

Le lecteur n'a pas oublié ce personnage étrange qui a paru déjà une fois comme une apparition fantastique, dans ce récit.

Rappelons cependant son portrait:

La face, d'un brun verdâtre, était maigre et présentait des saillies osseuses qui semblaient les angles d'un masque. Le nez écrasé s'épatait au-dessus d'une bouche large, dont les lèvres relevées laissaient voir des dents presque noires, et s'effilant en pointes comme celles d'un animal sauvage.

Sur le front, des lignes, tatouage singulier, se croisaient dans tous les sens, formant un enchevêtrement bizarre.

Le costume de Soëra n'était pas cependant celui qu'il portait lors de sa venue chez le duc de Belen.

Il était vêtu maintenant d'une tunique longue, tombant aux chevilles, rayée de lignes multiples et de couleurs variées.