Saint-Saëns connaissant mon concours, et sachant qu'il avait été en balance avec celui de Diaz, qui l'avait emporté, m'aborda très peu de temps après cette décision, et me dit: «Il y a de si bonnes et de si belles choses dans ta partition que je viens d'écrire à Weimar pour que ton ouvrage y soit représenté!»
Les grands hommes seuls ont de ces mouvements-là!
Les événements, toutefois, en disposèrent autrement, et ces mille pages d'orchestre furent, pendant trente ans, une source où je puisai bien des passages pour mes ouvrages successifs.
J'étais battu, mais non abattu.
Ambroise Thomas, le constant et toujours si bon génie de ma vie, me présenta à Michel Carré, un de ses collaborateurs de Mignon et d'Hamlet.
Cet auteur, dont, sans cesse, les affiches proclamaient les succès, me confia un poème en trois actes, d'une superbe allure, intitulé Méduse.
J'y travaillai durant l'été et l'hiver 1869, et au printemps 1870. Le 12 juillet de cette même année, l'ouvrage étant terminé depuis quelques jours, Michel Carré me donna rendez-vous dans la cour de l'Opéra, rue Drouot. Il comptait dire au directeur, Émile Perrin, qu'il fallait jouer cet ouvrage, qu'il en aurait une grande satisfaction.
Émile Perrin était absent.
Je quittai Michel Carré, qui m'embrassa violemment, en me faisant: «Au revoir! sur la scène de l'Opéra!»
Je rentrai le soir même de notre démarche à Fontainebleau, où j'habitais.