[a3] Page 9, ligne 8.—Tentations...

«Quand j'étais jeune, il arriva qu'à Eisleben, à la Fête-Dieu, j'allais avec la procession en habit de prêtre. Tout-à-coup la vue du Saint-Sacrement, que portait le docteur Staupitz, m'effraya tellement, que je suai de tout mon corps, et crus mourir de terreur. La procession finie, je me confessai au docteur Staupitz, et lui racontai ce qui m'était arrivé. Il me répondit: «Tes pensées ne sont pas selon le Christ, Christ n'effraie point; il console.» Cette parole me remplit de joie et me fut d'une grande consolation.» (Tischreden, p. 133, verso).

«Le docteur Martin Luther racontait que, lorsqu'il était au cloître à Erfurth, il avait dit une fois au docteur Staupitz: «Ah! cher seigneur docteur, notre Seigneur-Dieu agit d'une manière si terrible avec les gens? Qui peut le servir, s'il frappe ainsi autour de soi?» A quoi il me répondit: «Mon cher, apprenez à mieux juger de Dieu; s'il n'agissait pas ainsi, comment pourrait-il dompter les têtes dures? il doit prendre garde aux grands arbres de crainte qu'ils ne montent jusqu'au ciel.» (Tischreden, page 150, verso.)

Dans sa jeunesse, lorsqu'il étudiait encore à Erfurt, Luther fut atteint d'une très grave maladie; il croyait qu'il en mourrait. Un vieux curé lui dit alors, au rapport de Matthésius: «Prenez courage, mon cher bachelier, vous ne mourrez point cette fois; Dieu fera encore de vous un grand homme qui consolera beaucoup de gens.» (Ukert, t. I, p. 318.)

Luther avait difficilement supporté les obligations qu'imposait la vie monastique. Il raconte comment, au commencement de la Réforme, il tâchait encore de lire régulièrement ses Heures sans y parvenir. «Quand je n'aurais fait autre chose que délivrer les hommes de cette tyrannie, on me devrait de la reconnaissance.» (Tischreden, page 150.)

Cette répétition constante et à heure fixe des mêmes méditations, cette matérialisation de la prière, qui pesait tant au génie impatient de Luther, Ignace de Loyola, contemporain du réformateur allemand, la mettait alors plus que jamais en honneur dans ses singuliers Exercices religieux.

«A Erfurt, Luther lut la plupart des écrits qui nous restent des anciens latins, Cicéron, Virgile, Tite-Live... A l'âge de vingt ans il fut décoré du titre de maître-ès-arts, et, d'après l'avis de ses parens, il commença à s'appliquer à la jurisprudence... Au couvent d'Erfurth, il excitait l'admiration dans les exercices publics, par la facilité avec laquelle il se tirait des labyrinthes de la dialectique... Il lisait avidement les prophètes et les apôtres, puis les livres de saint Augustin, son Explication des psaumes et son livre De l'esprit et de la lettre: il apprit presque par cœur les Traités de Gabriel Biel et de Pierre d'Ailly, évêque de Cambray; il lut assidument les écrits d'Occam, dont il préférait la logique à celle de Thomas et de Scot. Il lut beaucoup aussi les écrits de Gerson, et par-dessus tout ceux de saint Augustin.» (Vie de Luther, par Mélanchton.)

[a4] Page 20, ligne 10.—Trente cardinaux en une fois...

C'est trente et un cardinaux qui furent créés le 13 juin 1517. Le même jour, un orage renversa l'ange qui est au haut du château Saint-Ange, frappa un enfant Jésus dans une église et fit tomber les clés de la statue de saint Pierre. (Ruchat, I, 36; d'après Hotting., 19.)

[a5] Page 20, ligne 17.—Tetzel...