Il enseignait dans ses prédications que si quelqu'un avait violé la sainte Vierge, son péché lui serait pardonné en vertu des indulgences; que la croix rouge qu'il plantait dans les églises, avait autant de vertu que celle de Jésus-Christ; qu'il avait plus converti de gens par ses indulgences, que saint Pierre par ses sermons; que les Saxons n'avaient qu'à donner de l'argent, et que leurs montagnes deviendraient des mines d'argent, etc. (Luther adv. Brunsvic. Seckendorf. hist. Lutheranismi, livre I, § 16, etc.)
Comme concession indirecte, les catholiques abandonnèrent Tetzel. Miltitz écrivit à Pfeffinger, un des ministres de l'Électeur: «Les mensonges et les fraudes de Tetzel me sont assez connus; je lui en ai fait de vifs reproches, je les lui ai prouvés en présence de témoins. J'écrirai tout au pontife, et j'attendrai sa sentence. D'après une lettre d'un facteur de la banque des Fugger, chargé de tenir compte de l'argent des indulgences, je l'ai convaincu d'avoir reçu par mois quatre-vingts florins pour lui-même et dix pour son serviteur, outre ce qu'on lui payait pour se défrayer lui et les siens, et pour la nourriture de trois chevaux. Je ne compte pas là-dedans ce qu'il a volé ou dépensé inutilement. Vous voyez comment le misérable a servi la sainte Église romaine et l'archevêque de Mayence, mon très clément seigneur.» (Seckendorf, livre I, p. 62.)
[a6] Page 21, ligne 13.—Il fut saisi d'indignation...
«Lorsque j'entrepris d'écrire contre la grossière erreur des indulgences, le docteur Jérôme Schurff m'arrêta et me dit: «Voulez-vous donc écrire contre le pape? Que voulez-vous faire? on ne le souffrira pas.—Eh quoi! répondis-je; s'il fallait qu'on le souffrît?» (Tischreden, 384 verso.)
[a7] Page 21, ligne 27.—S'adressa à l'évêque de Brandebourg...
Sa lettre à l'évêque de Brandebourg est assez méticuleuse; ses paroles, pleines de soumission, sont loin d'annoncer les violences qui vont bientôt éclater. Il lui envoie ses propositions, ou plutôt ses doutes; car il ne veut rien dire ni dans un sens ni dans l'autre, jusqu'à ce que l'Église ait prononcé. Il blâme les adversaires du saint-siége. «Que ne disputent-ils aussi de la puissance, de la sagesse et de la bonté de celui qui a donné ce pouvoir à l'Église?» Il loue la douceur et l'humilité de l'évêque; il l'engage à prendre la plume et à effacer ce qu'il lui plaira, ou à brûler le tout. (Luth. Werke, IX, p. 64.)
[a8] Page 27, ligne 15.—Sermon sur l'indulgence et la grâce...
Dans les cinq premiers paragraphes, dans le sixième surtout, qui est très mystique, il expose très clairement la doctrine de saint Thomas; il prouve ensuite, par l'Écriture, contre cette doctrine, que le repentir et la conversion du pécheur peuvent seuls lui assurer le pardon de ses péchés.—§ IX. «Quand même l'Église déclarerait aujourd'hui que l'indulgence efface les péchés mieux que les œuvres de satisfaction, il vaudrait mille fois mieux, pour un chrétien, ne point acheter l'indulgence, mais plutôt faire les œuvres et souffrir les peines; car l'indulgence n'est et ne peut être qu'une dispense de bonnes œuvres et de peines salutaires.»—§ XV. «Il est meilleur et plus sûr de donner pour la construction de saint Pierre que d'acheter l'indulgence prêchée à ce sujet. Vous devez avant tout donner à votre pauvre prochain, et s'il n'y a plus personne dans votre ville qui ait besoin de votre secours, alors vous devez donner pour les églises de votre ville... Mon désir, ma prière et mon conseil sont que personne n'achète l'indulgence. Laissez les mauvais chrétiens l'acheter; que chacun marche pour soi.»—§ XVIII. «Si les âmes peuvent être tirées du purgatoire par l'efficacité de l'indulgence, je n'en sais rien, je ne le crois même pas; le plus sûr est de recourir à la prière... Laissez les docteurs scolastiques rester scolastiques; ils ne sont pas assez, tous ensemble, pour autoriser une prédication.»
Ce morceau, très court, semble moins un sermon que des notes sur lesquelles Luther devait parler. (Luth. Werke, VII, p. 1.)
[a9] Page 28, ligne 26.—Léon X...