[a70] Page 211, ligne 15.—Je ne puis t'accuser d'entêtement...
«J'ai quelque chose qui défendra ma cause, lors même que le monde entier extravaguerait contre moi: c'est ce qu'Érasme appelle mon entêtement à affirmer (pervicacia asserendi).» (1er octobre 1523.)
[a71] Page 213, ligne 9.—De libero arbitrio...
«Tu dis moins, mais tu accordes plus au libre arbitre que tous les autres; car tu ne définis point le libre arbitre, et pourtant tu lui donnes tout. J'accepterais plus volontiers ce que nous disent sur ce point les sophistes et leur maître Pierre Lombard, pour qui le libre arbitre n'est que la faculté de discerner et de choisir le bien, si l'on est soutenu par la grâce, le mal, si la grâce nous manque. Pierre Lombard croit avec Augustin que le libre arbitre, s'il n'a rien qui le dirige, ne peut que conduire l'homme à sa chute, qu'il n'a de force que pour le péché. Aussi Augustin, dans son second livre contre Julien, l'appelle le serf arbitre, plutôt que le libre arbitre. (De servo arbitrio, p. 477, verso.)
[a72] Page 213, ligne 11.—Il reconnut que la véritable question venait d'être posée... Il hésita quelque temps à répondre...
«On ne saurait croire combien j'ai de dégoût pour ce traité du Libre arbitre; je n'en ai encore lu que quelques pages... C'est un grand ennui que de répondre à un si savant livre d'un si savant personnage.» (1er novembre 1524.)
Cependant il ne pouvait laisser passer ce livre sans réponse. «J'ai tué, dit-il quelque part, par mon silence, Eck, Emser, Cochlæus.» Mais avec Érasme, il n'en pouvait être ainsi: son immense réputation rendait une réfutation nécessaire. Luther se mit bientôt à l'œuvre: «Je suis tout entier dans Érasme et le libre arbitre, et je ferai en sorte de ne pas lui laisser un seul mot de juste, comme il est vrai qu'il n'en a pas dit un seul.» (28 septembre 1525.)
[a73] Page 214, ligne 7.—Il n'y a plus ni Dieu ni Christ...
«Si Dieu a la prescience, si Satan est le prince du monde, si le péché originel nous a perdus, si les juifs, cherchant la justice, sont tombés dans l'injustice, tandis que les Gentils, cherchant l'injustice, ont trouvé la justice (gratis et insperato), si le Christ nous a rachetés par son sang, il n'y a point de libre arbitre ni pour l'homme, ni pour l'ange. Autrement le Christ est superflu, ou bien il faut admettre qu'il n'a racheté que la partie la plus vile de l'homme. (De servo arbitrio, p. 525, verso.)
[a74] Page 215, ligne 20.—Plus Luther se débat...