«Ma maison devient un hôpital. Tous étant frappés d'effroi, j'ai reçu chez moi le pasteur (dont la femme venait de mourir) et toute sa famille.» (4 novembre 1527.)
«Le docteur Luther parlait de la mort du docteur Sébald et de sa femme, qu'il avait visités et touchés dans leur maladie. «Ils sont morts, disait-il, de chagrin et d'inquiétude plutôt que de la peste.» Il retira leurs enfans dans sa maison; et comme on lui faisait entendre qu'il tentait Dieu: «Ah! dit-il, j'ai eu de bons maîtres qui m'ont appris ce que c'était que tenter Dieu.»
La peste étant dans deux maisons, on voulait séquestrer un diacre qui y était entré. Luther ne le voulut pas, par confiance en Dieu et de crainte d'effrayer. (décembre 1538. Tischreden, p. 356.)
[a78] Page 220, ligne 8.—Préoccupé de soins matériels...
A Spalatin. «Tout pauvre que je suis, je t'aurais renvoyé cette belle orange d'or que tu avais donnée à ma femme, si je n'avais craint de t'offenser.
»Saluta tuam conjugem suavissimè; verùm et id tum facias cùm in thoro suavissimis amplexibus et osculis Catharinam tenueris, ac sic cogitaveris: En hunc hominem, optimam creaturulam Dei mei, donavit mihi Christus meus; sit illi laus et gloria!» (6 décembre 1525.)
«Salutabis tuum Dictative multis basiis, vice mea et Johannelli mei, qui hodie didicit flexis poplitibus solus in omnem angulum cacare, imo cacavit verè in omnem angulum miro negotio.—Salutat te mea Ketha et orare pro se rogat, puerpera propediem futura; Christus assit.» (19 octobre 1527.)—«Filiolam aliam habeo in utero.» (8 avril 1528.)—«Mon petit Jean est gai et fort; c'est un petit homme vorace et bibace.» (mai 1527.)—«Salue pour moi ce gros mari de Melchior, à qui je souhaite une femme soumise, qui, le jour, le mène sept fois par les cheveux autour de la place publique, et la nuit, l'étourdisse trois fois de paroles conjugales, comme il le mérite.» (10 février 1525.)
«Nous buvons d'excellent vin de la cave du prince, et nous deviendrions de parfaits évangéliques, si l'Évangile nous engraissait de même.» (8 mars 1523.)
Lettre à J. Agricola (dont la femme allait accoucher).—«Tu donneras une pièce d'or au nouveau-né, et une autre à l'accouchée, pour qu'elle boive du vin et qu'elle ait du lait. Si j'avais été présent, j'eusse servi de compère. De la région des oiseaux, 1521.»
Les lettres de cette époque se terminent d'ordinaire par quelques-uns de ces mots: Mea costa, dominus meus, imperatrix mea Ketha te salutat. Ma chère côte, mon maître, mon impératrice, Ketha te salue.